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Plateforme romande invention innovation. Association Suisse des inventeurs, détenteurs de brevets et patentes de Suisse Romande. Revue Iro-Magazine.
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2010

 

 

L’OMPI fait peau neuve

A l'étroit dans son siège, l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) en était réduite à disperser ses services sur différents sites. Le chantier, qui a débuté fin 2008, lui permet de s'agrandir dans le même quartier, à deux pas du Palais des Nations, avec un horizon de plusieurs mois. L'agence de l'ONU pourra ainsi grouper l'ensemble de son personnel sur un seul site, le nouveau bâtiment étant relié par un souterrain au bâtiment actuel. Achevé en 1978, le siège de l'OMPI fait partie des constructions les plus marquantes de Genève, avec ses treize étages entièrement vitrés d'un bleu saphir, reflétant les couleurs changeantes du ciel. Une réussite, sauf que plusieurs services de cette agence (près de 1200 collaborateurs) doivent encore louer des bureaux dans le quartier, faute de place. L'extension de l'OMPI est donc nécessaire depuis longtemps, mais comme c'est souvent le cas, même avec les organisations prospères, le financement des travaux a fait l'objet de longues négociations internes, puis des désaccords sur les adjudications ont encore ralenti le processus. Résultat: la première pierre du chantier n'a été posée qu'en novembre 2008, au lieu du printemps 2004. Il devrait être achevé l'an prochain.

   
 

38e SALON INTERNATIONAL DES INVENTIONS

Le salon des inventions gagne en notoriété grâce à l’OMPI

Il est rare d'entendre un discours politique qui ne mentionne pas l'importance de l'innovation. Mais qui passe aux actes? Genève! Car c'est à Palexpo qu'aura lieu, du 21 au 25 avril prochain, le plus grand rendez-vous mondial du genre: le Salon international des inventions. Il intéresse à la fois le grand public, avide de curiosités, et les professionnels, inventeurs ou investisseurs, à la recherche d'un coup de génie. Ils devraient être plus de soixante mille à flâner dans les stands de la halle 7 où se tiendront plus de sept cent dix exposants venant de quarante-cinq pays.
Une tendance se dessine: les projets présentés au Salon ne sont plus des oeuvres solitaires, réalisées sur le coin d'une table et avec trois francs six sous. Ils sont souvent le fruit d'une réflexion issue du croisement de différents savoir-faire bien représentés dans notre région. Il y a peu, le CERN réussissait à susciter un choc de particules qui reproduit les conditions du big bang. Preuve que Genève n'a pas à rougir de ses ambitions quant à sa capacité d'innovation. Celle-ci vient largement du monde scientifique, bien sûr, mais de nouveaux territoires restent encore à conquérir. C'est un monde passionnant, puisqu’il donne libre cours à l'imagination. Il n'en implique pas moins une grande rigueur. Face aux intérêts en jeu, les découvertes ou services présentés dans ce salon doivent absolument être inédits et protégés par un brevet, pour éviter la mésaventure arrivée à l'inventeur du velcro. C'est à ce titre seulement que les futurs Poubelle, Singer ou Amper - tous inventeurs historiques - auront des chances de faire passer leur nom à la postérité, voire que celui-ci devienne générique!

Entreprise Romande - 16 avril 2010

   
 

Du 21 au 25 avril prochain, Palexpo accueille le Salon international des inventions de Genève. Un rendez-vous qui aura résisté à tout et qui, mieux encore, annonce une participation record, avec sept cent dix exposants de quarante-cinq pays. On attend également plus de soixante mille visiteurs du monde entier, signe que la reprise est en marche.

Jean-Luc Vincent est un homme heureux. Le Salon international des inventions de Genève, qu'il a fondé et préside depuis plus de trois décennies, a plus que jamais sa raison d'être. Le rendez-vous conforte même sa position de foire la plus importante du monde dans le domaine. Des entreprises industrielles et commerciales, des universités, des inventeurs et des chercheurs présenteront leurs inventions à Palexpo du 21 au 25 avril prochain. Ils pourront ainsi se mettre en contact avec des professionnels implantés sur les marchés qui les intéressent afin de diffuser le produit ou service qu'ils ont mis au point. Au prix de deux conditions: l'invention doit être inédite et protégée par un brevet. Cerise sur le gâteau: la manifestation bénéficie pour la première fois cette année du haut patronage de l'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle). Grâce à cet appui, le salon devrait encore gagner en notoriété institutionnelle.

PLATE-FORME D'ÉCHANGE UNIQUE Après les difficultés liées au contexte morose, l'avenir s'annonce enfin sous le signe de l'expansion. Car le potentiel économique d'une trouvaille dépend beaucoup de la volonté des décideurs étrangers. Par chance, nombreux sont ceux qui ont retrouvé des moyens financiers élevés et se montrent même avides d'innovation. Encore faut-il que les deux parties - l'inventeur et l'investisseur - puissent se rencontrer. Pour offrir cette plate-forme d'échanges unique, les organisateurs ne ménagent pas leurs efforts de promotion par-delà les frontières.

RÉCOMPENSE A POSTERIORI Comme pour les éditions précédentes, cinquante-deux prix et distinctions seront remis tout au long de la semaine. Un jury international, constitué de quatre-vingt-deux spécialistes, sera chargé d'examiner chaque invention présentée. Les heureux propriétaires distingués pourront compter sur cette attestation de qualité de grande importance pour commencer une activité. A titre d'anecdote, ces récompenses trouvent même parfois une justification honorifique a posteriori. Ainsi ce cas d'un médecin français qui avait mis au point, il y a plusieurs années, une technique de déroulement numérique des textes. A l'époque, ce projet n'avait suscité qu'un haussement d'épaules; mais tout le monde s'en est emparé par la suite. Le médecin a fait fortune. Pour rattraper cet oubli, Jean-Luc Vincent lui a décerné une médaille d'or en début d'année !

   
 

5 questions à Jean-Luc Vincent, président et fondateur du Salon international de Genève.

« Les inventeurs sont nos meilleurs ambassadeurs ! »

Est-il encore utile d'avoir un SaIon international des inventions à l'heure de la globalisation et d'internet?
Plus que jamais, car c'est une occasion unique de rencontre entre un investisseur, un fabricant, un distributeur ou toute autre personne impliquée dans la chaîne de vie d'un produit ou d'un service nouveau. Souvent les entrepreneurs se trouvent empruntés devant l'épreuve qui consiste à trouver du financement ou à savoir comment passer à une phase industrielle Nous n'avons pas pu remplacer le lien direct, que ce soit pour évaluer un projet ou pour parler avec celui qui l'a imaginé Depuis environ deux ans, je vois aussi des sociétés d'investissement venir au Salon en quête de ce qui sera peut-être un jour LE jackpot. Mais, comme toujours ce sont ceux qui le vivent qui en parlent le mieux: les exposants satisfaits sont nos meilleurs ambassadeurs.

Qu'est-ce qui a fondamentalement changé depuis les débuts?
Dès son origine, la vocation du salon a été orientée vers le sérieux et la recherche de crédibilité. Il a tout d'abord fallu lutter contre une tendance à la moquerie : personne ne donnait cher de cette manifestation, en 1972, et on traitait les exposants de Géo Trouve-tout bidouillant des combines dans son garage. J'ai ainsi vu passer de superbes projets, qui n'ont jamais abouti faute de financement ou parce qu'on ne pouvait tout simplement pas les fabriquer. Progressivement, les mentalités ont changé et ces idées prometteuses ont eu leur chance. D'ailleurs, l'économie est devenue dominante, les Etats mettent l'innovation en tête de leurs priorités. Ce qui s'est aussi traduit par une professionnalisation du processus de lancement. A Genève, nous avons vu la naissance de différents organismes d'aide à la création d'entreprise, comme Genilem ou la Fondetec. En ce sens, le changement a été radical. Pour en revenir au Salon, j'ai su que l'affaire était bien partie lorsque nous avons reçu des soutiens officiels importants, dont celui de la Confédération, de la Ville et du canton de Genève. Ensuite, grâce à la notoriété obtenue, nous avons pu exporter le concept à l'étranger. Aujourd'hui, je passe beaucoup de temps à visiter ces salons et à prospecter d'autres marchés. Il reste encore beaucoup à faire, heureusement.

Après la crise, peut-on donc croire en un avenir plus rose?
L'an dernier, nous avons surtout ressenti la crise à travers une baisse du nombre d'exposants. Certains ont dû renoncer, faute de subventions. En revanche, la capacité d'innovation était plus que jamais présente, comme exacerbée par la crise. Cette année, par chance, la mauvaise vague semble passée. Nous avons vu revenir des habitués et nous avons attiré des nouveaux venus, souvent actifs dans les pays en voie de développement, où il existe un potentiel énorme .II ne faut pas oublier que ce sont souvent les problèmes qui créent l'invention. Un projet qui laisserait indifférent ici peut prendre tout son sens au Brésil ou en Guinée. D'où l'importance d'organiser un Salon le plus international possible.

A quoi reconnait-on un inventeur de génie ou une invention exceptionnelle et en quoi un bon encadrement s'avère-t-il nécessaire?
Il est toujours difficile de distinguer les bonnes inventions des flops, sinon un tel Salon n'aurait pas lieu d'être! Par essence, un inventeur a une personnalité différente des autres. Ce qui représente un problème pour une personne lambda est un moteur pour lui. A ce titre, le parcours de Georges de Mestral est édifiant. Cet ingénieur suisse se promenait dans la campagne avec son chien et, en rentrant, il a constaté qu'il était difficile d'enlever de petites fleurs accrochées à son pantalon et à la fourrure de son chien. C'est en les examinant qu'il a compris la possibilité de faire adhérer deux matériaux de façon simple et réversible. En revanche, il a mis plus de dix ans à trouver le moyen de fabriquer une bande auto-aggripante. En 1951, il a déposé en Suisse, puis dans les autres pays, le brevet de ce qui a été baptisé «velcro». Mais ce n'est pas tout. Mal protégé, il en a perdu la propriété en 1978, alors qu'il aurait pu faire fortune! Heureusement, il a pu se rattraper différemment. Il a même mis au point le bigoudi chauffant et les cartouches de chasse en plastique...

Quelles inventions ont-elles le plus de chance de marquer notre futur?
Le transfert de technologies a le vent en poupe: de plus en plus fréquemment, j'apprends qu'une découverte a débouché sur la commercialisation de quelque chose qui n'était pas prévu au début. On devrait également trouver des tas d'inventions passionnantes dans les domaines de la protection de l'environnement et du renouvèlement des énergies,du développement durable ou même de l'hygiène. C'est un parfait reflet des préoccupations courantes d'une époque.

   
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